Sans
voiture, en déplacement utilitaire ou en vacance, il peut s’avérer nécessaire
ou souhaité de camper.
Se
chauffer, cuisiner, veiller, deviennent, alors, autant de nécessités.
J’ai
lu, il y a 25 ans environ, dans un chouette bouquin : «En camping, le feu de
bois, ça vaut toutes les boîtes à gaz ».
Cette
phrase m’a marqué.
J’aime
le feu. Tout petit, comme bien des gosses, je jouais avec les allumettes.
Au
grand dam des parents.
Au
lycée de Guebwiller, un jour, je mis le feu dans un puisard rempli de feuilles
mortes.
Le
but : voir si la fumée sortirait en haut de la descente de gouttière.
Les
volutes furent bien au rendez-vous, là-haut.
C’était
bo.
Le
pion n’a pas trouvé ça comme ça.
La
dirlo non plus.
Viré
pour trois jours.
Savaient
rien des volutes et sans doute encore moins des voluptes.
Alors
quand, à la récré, j’ai montré aux copains des fotos de belles plantes pleines
de planturance…
Viré
pour toujours.
Sans
importance, maintenant.
J’aurais
tant aimé, sur les bancs de l’école,
Apprendre
à apprendre.
Apprendre
à raisonner juste.
Admirer
des exemples de verticalité et de savoir-être.
Ils
furent si rares.
Deux,
dans ma mémoire.
Merci
Mr Bléger. Merci de m’avoir donné le sens (l’essence ?) de la
mathématique.
Merci
Richard. Merci de m’avoir pris entre tes bras pour m’insuffler l’esprit de
Créon, roi de Thèbes.
Le
feu se fout de la bien-pensance d’une dirlo.
L’est
beau le feu.
Te
transforme le réel en transparence plus ou moins opaque.
Et
te le transporte ailleurs en voluptueuses volutes.
L’est
puissant, tout simplement.
Le
feu de bois en camping ? Pour cuisiner, par exemple ?
C’est
ça le sujet ? Pardon j’ma égaré !
Fastoche le feu de
bois en camping.

D’abord tu prends
l’outil qui va bien. Celui qui pèse léger et te permet de fendre le bois
jusqu’au format tout fin, pour l’allumage. Léger car, à pied, à vélo, en canoë,
le poids c’est l’ennemi. Pas forcément dispo en l’état sur les étalages. Alors
faudra peut-être le fabriquer à partir d’une serpe, par exemple. En couper le
bout crochu. Affûter le nouveau bout pour pouvoir creuser avec (un petit trou,
une tranchée, une rigole). Tout ça pour te faire un outil qui va bien. Léger,
robuste, à ta main.

Ensuite tu déballes
la cuisinière, tu sais, celle que t’as fabriquée avec de l’inox de 2mm, de
l’acier de 5mm, une charnière, quelques soudures et accessoires annexes.
Faut-la fabriquer ? Ouais, elle existe
pas (encore) sur les étalages.
Papier dans icelle, bois fendu tout fin itou,
allumette.
Le feu crépite. Le feu rayonne dans la tente.
Dans la tente ? En nylon ?
Ouais, en nylon ! Car t’as fait adapter,
sur ta tente, un passage du tuyau en tissu qui résiste. Par Jean Lehmann, par exemple, qui sait (bien)
faire. Et les voluptueuses volutes de
fumée s’élancent pendant que tu prépares le repas. Par exemple un rizotto
magnifique.

L’est vraiment extra,
cette cuisinière que t’as fabriquée. Te cuit le rizotto, les pâtes, les
lentilles, la quinoa, les crêpes et tout le reste, chauffe le thé, grille les
saucisses si tu aimes, servira d’âtre quand viendra l’heure de regarder la
télé. Te chauffera, sèchera ton linge humide ou mouillé. Si tu veux on la
fabrique ensemble.

Une alternative à la
cuisinière : le brasero. Usage en extérieur seulement !
En
l’espèce un cuit-vapeur Ikéa en inox, donc avec plein de trous pour la
ventilation, équipé de 3 pieds pour l’élever au-dessus du sol. Le trépied photo
assure la suspension et le crémaillèrage de la gamelle. Soit encore de l’inox
Ikéa un peu bidouillé. Pour bien faire, la grille à saucisses doit pouvoir être
suspendue et crémaillèrée, elle aussi,
au-dessus du feu, pour les cuire sans les calciner (les saucisses),
après la sousoupe.

Pourquoi tout ce
chichi ? Cuisinière ? Brasero ? Alors qu’il suffirait de faire
un cercle avec des cailloux, entasser du bois , craquer une allumette et
poser la gamelle ? Parce que c’est vraiment ergonomique et que, ainsi, tu ne
laisses pas de trace de ton passage ou si peu. T’as laissés tranquilles les
herbes, les cailloux, les vers de terre , fourmis, araignées… T’as juste
transformé un peu de bois mort en chaleur et en lumière, pour cuire ton manger,
te réchauffer et rêver.